Kaaris et Booba : nous sommes tous coupables

Auteur : Benoît Le Dévédec

         Mercredi 1er août 2018, deux rappeurs français (Booba et Kaaris) ainsi que leurs proches ont eu une violente altercation à l’aéroport d’Orly, causant, entre autre, des dégâts matériels, des retards de vols et quelques gardes à vues.

         Mais ce n’est pas ce fait divers qui nous retiendra ici.

 

Le happy Slapping

         En 2006, la France est touchée par une  pratique d’origine londonienne, aussi stupide que dangereuse : le « happy slapping« . Généralement, il s’agissait de gifler violemment un camarade d’école ou un inconnu tout en filmant dans un objectif d’humiliation.

         De manière plus globale, l’amélioration des smartphones et l’émergence des réseaux sociaux ont banalisé le fait d’enregistrer des agressions (peu important les circonstances) puis de les diffuser.

         Ces comportements sont dévastateurs pour la victime, qui, en plus d’avoir subi des dommages corporels, doit également endurer des préjudices moraux du fait de la diffusion de son agression, qu’elle ne cesse de revivre.

 

Une loi de circonstance

         C’est par une loi du 7 mars 2007 (art 222-33-3 du Code pénal) que le législateur a considéré qu’effectuer un tel enregistrement était un acte de complicité desdites violences. Il en résulte que le cinéaste mal inspiré risque les mêmes peines que l’auteur des violences lui-même.

         Aussi, le fait de diffuser les enregistrements de telles images, même sans en être l’auteur, est puni de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

 

Les exceptions aux sanctions

         Seules exceptions à une condamnation : filmer afin de constituer des preuves pour une procédure judiciaire ou lorsque l’enregistrement ou la diffusion résulte de l’exercice normal d’une profession ayant pour objet d’informer le public.

         Dans le cas de nos rappeurs qui (ne) nous intéresse (pas), il est peu probable que les réalisateurs des vidéos soient des journalistes professionnels ou qu’ils aient filmé dans l’éventualité d’une enquête de police (car dans ce cas, il faut donner les vidéos à la police, pas à Facebook !).

         Un esprit moqueur pourrait d’ailleurs remettre également en doute la légitimité de la presse à diffuser de telles images : s’agit-il vraiment d’une information essentielle que le public doit absolument connaître ? Il est permis d’en douter…

 

         Morale de l’histoire : si vous diffusez les vidéos de la fameuse altercation, vous êtes un délinquant (et c’est mal !).

 

Article rédigé par Benoît Le Dévédec


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